Cathédrale Santa Maria del Fiore * Duomo

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J’adore cette cathédrale gothique particulièrement impressionnante. Lorsqu’on visite Florence on parle du Duomo pour désigner, en fait, la Cathédrale Santa Maria del Fiore

Domos, domus, dome, duomo..

Venu du grec domos, dont les Latins ont fait le mot domus. Homonyme avec la même signification de celui qui désigne la maison. Le mot italien duomo  joue de l’homonymie latine mais n’a pas la même signification qu’en France. En Italien, il sert à désigner la maison de Dieu (domus), l’église, que celle-ci porte un dôme ou non. Cependant, lorsqu’une ville italienne possède plusieurs églises, il désigne l’église principale ou la cathédrale comme duomo. Comme le Duomo de Milan par exemple.

A la fin du XIIIème siècle, le conseil de la ville décidât de remplacer la vieille Cathédrale. Un bâtiment digne de Florence devait remplacer Santa Reparata. Sienne et Pise avaient leurs monuments il devait en être de même pour Florence. Il fallait donc la plus grande, la plus belle.. On confia le projet à l’architecte Arnolfo di Cambio. Mais, à sa mort en 1302 le chantier était à peine commencé.

En 1334 Giotto reprit le chantier, mais se consacra, essentiellement, au campanile. Plusieurs architectes lui succédèrent construisant ainsi les nefs et le tambour de la coupole (assise octogonale).

La construction du dôme

La cathédrale resta ouverte, sans coupole, pendant près de 40 années jusqu’à ce qu’un architecte de génie, Fillipo Brunelleschi, en 1423, soit capable de concevoir une architecture à la limite des possibilités physiques pour un tel diamètre et une telle hauteur. Il eut l’idée d’une double calotte, intérieure et extérieure, qui s’appuient l’une sur l’autre, le tout en créant une coupole octogonale, à huit pans, ce qui renforce encore plus la structure.. Cela paraît simple, mais pour l’époque, c’était un véritable tour de force, du jamais vu dans ces dimensions et le génie de Brunelleschi alla même jusqu’à faire en sorte que la solidité finale de sa coupole se trouve… dans la lanterne.

Cette lanterne de marbre en plus de sa beauté, couronnant d’une manière sublime le dôme de la cathédrale, a une fonction statique qui stabilise, grâce à son poids, l’anneau de clôture de la coupole. Réalisée par Andrea del Verrocchio (maître de Léonard de Vinci), il réalisa aussi l’énorme boule de bronze surmontée d’une croix qui domine la coupole. Les travaux seront terminés en 1436 mais la lanterne couronnant la coupole ne seront mise en place qu’en 1461. La façade initiale fut abattue en 1587 et remplacée par le projet d’Emilio de Fabrice en 1887. Ce pastiche, bien qu’éblouissant, est largement décrié par les puristes.

La Cathédrale Santa Maria del Fiore * Duomo mesure 155 mètres de long. Plus long, à l’époque que la Basilique Saint-Pierre de Rome (103m), que la Cathédrale Saint-Paul à Londres (152m), le Duomo de Milan (153m) ou encore Notre Dame de Paris (130m). Elle fut donc pendant quelques siècles la plus grande cathédrale chrétienne au monde, avant que la papauté décide d’agrandir la basilique Saint-Pierre de Rome (186m) afin d’être plus grande que la cathédrale de Florence.

La façade

La façade du Duomo est très belle. Les marbres de couleurs, la mosaïque, les statues donnent à l’ensemble une impression de puissance, mais sans lourdeur. Les murs sont recouverts à l’extérieur de marbre polychrome de Campiglia, puis de Carrare (le Blanc), Prato (le vert) et Sienne et Monsimmano (le rouge). Les bandes de marbre reprennent à la fois la décoration du baptistère et celle du campanile (clocher).

Les fenêtres supérieures de la nef centrale sont des yeux circulaires, une caractéristique dictée par le désir d’éviter de trop soulever la nef principale tout en assurant un bon éclairage. Les ouvertures circulaires étaient également moins problématiques d’un point de vue structurel.

Ne vous étonnez pas de voir la base de la coupole qui, pour un problème esthétique, laisse la brique à nu. Je vous explique pourquoi 🙂 La décoration de la base de la coupole n’est visible que sur la partie sud-est. Elle a été conçue entre 1502 et 1515 par Baccio d’Agnolo et Antonio da Sangallo l’Ancien. On demanda son avis à Michel-Ange, qui était à Florence à cette époque, avant de réaliser les sept autres segments. Le maître, cependant, a railler le projet trouvant qu’une première galerie faisait que le dôme ressemblait à « une cage à grillon ». Et voilà, on arrêté tout et on a jamais poursuivi les travaux, laissant ces murs encore inachevés. Je vous avais déjà dit qu’ils n’étaient pas tendre entre eux les artistes de l’époque.

L’intérieur

On éprouve une certaine déception en pénétrant à l’intérieur de la Cathédrale Santa Maria del Fiore * Duomo et en découvrant son immense nef. Sa sobriété contraste vivement avec l’exubérance de l’extérieur. Pourtant, sous le dôme on trouve la plus grande surface jamais décorée de fresques. 3600 m² d’une fresque représentant le Jugement dernier.

Initialement, on devait décorer le dôme de mosaïques dorées. Ceci afin de refléter autant que possible la lumière provenant des fenêtres du tambour. Mais, la mort de Brunelleschi a mis de côté ce projet coûteux et on a simplement plâtré l’intérieur en blanc.

C’est donc le grand-duc Cosimo I de Medici qui a choisi le thème du Jugement dernier pour peindre l’énorme coupole. On confia la tâche à Giorgio Vasari, soutenu par Don Vincenzo Borghini pour le choix du thème iconographique.

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