Myanmar J05 . Kyaikhtiyo (Rocher d’Or) . Bago . Yangon

Le réveil sonne à 4H30 et nous n’hésitons pas à sauter du lit pour repartir vers le Rocher d’Or. Le jour se lève à peine mais la ferveur est toujours aussi intense. Certaines personnes offrent des plateaux avec des fruits, de l’eau, des jus de fruits et autres friandises. C’est le petit déjeuner pour Bouddha. D’autres allument des bougies ou des bouquets d’encens.
Que ce soit le soir ou le matin il y a toujours autant de ferveur auprès du Rocher D’Or.

Kyaikhtiyo (Kyaiktiyo) * Rocher d'Or
Kyaikhtiyo (Kyaiktiyo) * Rocher d’Or

Un peu plus loin un groupe de jeunes nonnes prient. En fait c’est la plus jeune qui prie à haute voix et c’est un plaisir d’entendre le rythme de ses prières, même si n’en comprenons absolument pas les propos. Nous restons un petit moment à écouter sa prière. Sous le charme de sa voix d’enfant j’admire sa concentration, son implication et son sérieux.

Kyaikhtiyo (Kyaiktiyo) * Rocher d'Or * Prière et dévotion
Kyaikhtiyo (Kyaiktiyo) * Rocher d’Or * Prière et dévotion

Le soleil se lève rapidement sans nous offrir de magnifique lever de soleil. Mais nous ne regrettons pas d’avoir mis le réveil, loin de là.
En chemin nous rencontrons un drôle de personnage avec une robe brune et non rouge comme les moines et avec une barbichette et une coiffe noire. Mo, que nous avons retrouvé au pied du rocher, en train de faire ses dévotions, m’explique qu’il s’agit d’un ermite. Tout comme les moines ils ne vivent que de l’obole des pèlerins mais eux ont une palanque avec deux paniers et sonne un petit gong pour attirer l’attention des généreux donateurs.

Kyaikhtiyo (Kyaiktiyo) * Rocher d'Or * Ermite
Kyaikhtiyo (Kyaiktiyo) * Rocher d’Or * Ermite

Après un bon petit déjeuner à l’hôtel, il est temps de reprendre la route avec les fameux camions qui font le trajet entre le Rocher d’Or et Kinpun où notre chauffeur nous attend. Que les amateurs de manèges se rassurent, la descente et aussi épique que la montée. D’autant plus qu’à ce moment là on distingue la route et les camions qui sont devant nous.
En route pour Bago, nous faisons une petite halte pour visiter une fabrication artisanale de caoutchouc. Dans la plantation d’hévéas on récolte la sève et la transforme en plaques de caoutchouc qui seront revendues aux grandes société qui les transformeront en pneus probablement.

Bago (Pegou) * Plantation d'Hévéas et fabrique de caoutchouc
Bago (Pegou) * Plantation d’Hévéas et fabrique de caoutchouc

La maitresse des lieux est sympathique et nous invite à visiter sa maison sur pilotis. La maison est très simple, composée d’une grande pièce qui sert de chambre à coucher la nuit lorsqu’on y a étalé les nattes et de salon dans la journée et d’une pièce plus petite qui sert à entreposer les biens de la maison. Un peu plus loin on découvre une plaque de caoutchouc qui sèche.
Pendant ce temps la maitresse de maison se coupe tranquillement des tranches de noix de bétel qu’elle mâche consciencieusement. Elle nous en propose et nous assure que c’est très bon. Elle semble adorer çà mais sa bouche toute rouge me fait penser qu’elle doit y être addicte. Je n’ai donc pas osé le tester.

Bago (Pégou) * Plantation d'hévéas
Bago (Pégou) * Plantation d’hévéas

En arrivant à Bago nous visitons la Pagode Shwemawdaw. Cette pagode a plus de 1000 ans et on en devrait la construction à deux frères marchands qui y auraient enchâssé deux cheveux de Bouddha que celui-ci leur aurait donnés de son vivant.
Elle a été reconstruite à reconstruite maintes fois et à chaque fois un peu plus haute. Elle dépasse donc aujourd’hui, en hauteur, la pagode Schwedagon de Yangon.

Bago (Pegou) * Pagode Shwemawdaw
Bago (Pegou) * Pagode Shwemawdaw

Une première fois c’est le vent qui fit tomber le hti (ombrelle qui coiffe la partie haute du stupa). Il retomba lors du tremblement de terre de 1912 et aujourd’hui encore on peut en voir les débris puisque la pagode a été reconstruite autour de se débris. Mais ce n’est pas terminé puisqu’en 1930 un nouveau tremblement de terre a détruit presque tout l’ensemble de la pagode Shwamawdaw.
Et pourtant, loin de baisser les bras, en 1942 elle est reconstruite à nouveau grâce au financement du gouvernement et aux donations de la population. Je reste stupéfaite puisque, pour ma part, j’aurai probablement cessé de chercher à reconstruire un édifice qui de tout évidence est marqué par la malchance. J’admire la constance du peuple Birman à reconstruire immuablement les pagodes.

Bago (Pegou) * Pagode Shwemawdaw
Bago (Pegou) * Pagode Shwemawdaw

Il fait entre 36 et 40°C et marcher sur le marbre est une souffrance. Nous courons donc, Mo et moi, d’un coin d’ombre à un autre pour éviter de nous trouver avec des cloques sous la plante des pieds ce soir. Heureusement il y a quelques arbres sur le site et les marchands l’ont bien compris. Ils attendent le client pour leur proposer des arachides ou de la glace. Nous nous remettons en route..

Bago (Pegou) * Pagode Shwemawdaw
Bago (Pegou) * Pagode Shwemawdaw

Dans la partie Est de Bago, nous découvrons Shwethalyaung Buddha. C’est une gigantesque statue du Bouddha longue de 55 mètres et haute de 16 mètres. Bien qu’elle ne soit pas particulièrement sacrée aux yeux des Birmans, la légende qui s’y attache est très belle.
La légende raconte que le fils d’un roi hérétique était tombé amoureux d’une jeune fille môn bouddhiste. Cette dernière fut sommée, par son beau-père mécréant, de vénérer une idole païenne qui éclate en mille morceaux lorsque la jeune fille s’inclina devant elle. Le roi se convertit alors au Bouddhisme et fit construire le Shwethalyaung en l’an 994.
Mais encore une fois, dans la réalité on ne connait pas réellement la date de sa construction. La statue fut découverte en 1881 de façon tout à fait fortuite par des ingénieurs de la compagnie des chemins de fer. Au départ ce n’était qu’un tas de brique et sa forme de statue lui a été restituée à la fin du 19ème Siècle. Elle a été rénovée au début des années 2000.

Bago (Pegou) * Pagode Shwethalyaung
Bago (Pegou) * Pagode Shwethalyaung

Avant de quitter Bago, nous insistons auprès de notre guide pour voir rapidement la Pagode Kyaik Pun et ses quatre statues du Bouddha. Mais elle ne semble pas encline à vouloir exaucer notre souhait. Nous insistons puisque c’était prévu dans le programme que nous avons défini pour notre voyage.
Nous négocions 15mn pour prendre les photos depuis l’extérieur de la pagode pendant que la voiture nous suit alors que nous en faisons le tour.

Bago (Pegou) * Pagode Kyaik Pun
Bago (Pegou) * Pagode Kyaik Pun

J’ai heureusement trouvé un point de vue, en haut d’un escalier, pour vous montrer ces Bouddha, adossés à un pilier carré. Reconstruit, eux aussi, à maintes reprises, ils ont été identifiés comme étant Gautama, le Bouddha historique, et ses trois prédécesseurs (Kassapa, Konagamana et Kakusandha). Il est temps de nous remettre en route, il reste du chemin jusqu’à Yangon ou nous espérons bien retrouver nos valises et de l’eau chaude. Ce qui n’était pas le cas au Rocher d’Or.
Une bonne nuit de repos et demain nous nous envolons pour Mandalay, la cité des joyaux. Mais ce sera l’histoire d’une autre journée 😉

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