La canicule nous épuise et l’envie de prendre l’air frais est plus que présente. Puisque enfin les températures baissent un peu, nous décidons donc de faire une petite balade. Histoire de se mettre en jambe. En route… direction le Mont Sainte Odile.
Notre petite balade nous emmènera du Kiosque Jadelot au Château du Landsberg. Le retour de fera par le même chemin puisque pour faire une boucle il nous aurait fallu avoir plus de temps et de volonté aussi, je l’avoue.
Notre point de départ sera le Carrefour de la Bloss sur la D426. Il y a de quoi s’y garer facilement. Puis, il n’y a plus qu’à traverser la route pour rejoindre le chemin qui mène au Kiosque Jadelot.
Le Kiosque Jadelot
Mais au fait, qui est Jadelot ?
Un panneau du Club Vosgien nous indique : Bâti, sous le second Empire, par le garde général des forêts d’Obernai, Mr Jadelot. Ce kiosque a donc plus de 150 ans ? Waouhhh ce n’est pas rien pour une cabane en bois… non ?
Mais revenons en à Mr Jadelot.. A son époque, il aurait également contribué à la découverte d’une nouvelle voie romaine, menant au Mont Saint Odile ainsi qu’à un petit trésor constitué d’une médaille en bronze et de quelques 500 pièces de monnaies romaines, parfaitement conservées.
Voilà de quoi nous donner le courage d’entreprendre notre balade. On ne sait jamais… peut être trouverons nous, nous aussi, une pièce ? Il est toujours permis de rêver.
Entre pins et feuillus le chemin est facile. La grande couverture d’épines amortie nos pas et bientôt nous découvrons le Kiosque Jadelot. Il trône, imposant… en plein milieu du chemin. Si, si je vous l’assure.
La rénovation
Vent, pluie, neige, mais aussi gel et tempêtes.. la charpente résiste depuis fort longtemps. Cependant, en 2013 la toiture manque de s’envoler. Une partie en est même arrachée. C’est pourquoi on pouvait craindre que la charpente, elle même, ne résiste pas à un nouvel assaut de l’hiver. Heureusement, et nous les en remercions, les Amis du Mont Sainte Odile, ont décidé de sauver le Kiosque Jadelot.
C’est ainsi qu’entre l’automne 2014 et avril 2015, ils réparent la couverture du kiosque à l’identique. Nous le voyons donc, aujourd’hui, tel que Mr Jadelot l’a construit sous Napoléon III. Bravo et Merci à toute l’équipe des Amis du Mont Sainte Odile pour ce travail.
Mr Jadelot n’a pas manqué d’imagination. Ici ce n’est pas la petite maison dans la prairie, mais l’incroyable cabane dans les bois.
Le Kiosque Jadelot est une construction octogonale sur une base de pierres taillées en grès. Sa charpente est en pin, nombreux dans le coin, et les cloisons sont couvertes d’écorces. Ce qui lui donne un petit air « fantastique ». Avec un peu d’imagination le kiosque pourrait devenir l’abri d’un elfe des bois.
Situé en contrebas du circuit Sud du Mur Païen, au Mont Sainte-Odile, le kiosque Jadelot et un refuge ouvert. Il offre un magnifique panorama, à 730m d’altitude sur les Vosges et la plaine d’Alsace. Sa terrasse, plein sud, fait face aux châteaux du Haut Andlau et du Spesbourg mais également, au loin, au Haut-Koenigsbourg. D’ici, la vue est tout simplement magnifique. Mais il est temps de repartir.
En route pour le Château du Landsberg. Nous veillons à bien refermer les portes du kiosque derrière nous afin qu’aucun animal n’y entre.
Le Château du Landsberg
Le chemin descend doucement vers la départementale D109 qu’il va falloir traverser pour poursuivre vers le château. La pente douce est agréable même si je songe déjà que c’est au retour qu’il va nous falloir fournir le plus grand des efforts. Mais n’y pensons pas et apprécions le moment présent.
Nous dépassons la maison forestière du Landsberg. Une grande maison sur trois niveaux avec une extension. Isolée en pleine forêt, elle date du 19ème siècle. D’aucun aurait peut être peur de vivre ici, mais cet environnement est pourtant un lieu d’inspiration pour le sculpteur Sébastien Fernex. Alliant la pierre ou le bois au cristal ou autre pierre semi-précieuse, voir même à la dorure, il s’inspire de la nature qui l’entoure. L’endroit semble avoir de bonnes ondes pour la création et le bien être.
Le Landsberg, une forteresse au service des abbayes
Puis le château apparait. On se demande qui vivait là et quelle était la fonction de ce château au fond des bois.
Le château, érigé entre 1197 et 1200 par le chevalier Conrad de Vienhege avait pour vocation de protéger l’abbaye du Mont Sainte Odile, mais pas que.. Le château s’inscrivant dans une ceinture défensive visant à protéger quatre abbayes majeures : Hohenbourg sur le Mont Sainte Odile, Niedermunster, Truttenhausen et Andlau. Ces lieux spirituels et foncièrement puissants s’appuient, à l’époque, sur la noblesse locale pour assurer leur sécurité. C’est d’ailleurs de l’abbesse de Niedermunster qu’il obtint ce terrain stratégique, en lisière de forêt.
Le Château Vieux ou Haut Château
Ainsi donc fut construit le « château vieux ». Bâti sur un promontoire granitique à 580 mètres d’altitude, il se caractérise par sa belle architecture romane. C’est, au départ, une forteresse organisée autour d’un donjon quadrangulaire, d’un logis et d’une chapelle. Le choeur de cette chapelle sera orné d’un oriel, encore visible aujourd’hui. Elle embellit magnifiquement sa façade et est le joyau du Landsberg. Pour sûr.. On voyage au temps des chevaliers.
Puis Conrad prendra le nom du lieu inscrivant ainsi sa famille dans une logique féodale. Protéger pour régner, construire pour durer est la mission politique et militaire de la chevalerie au Moyen Âge. A l’époque le chevalier protège les terres et fait régner l’ordre pour le compte d’un seigneur, tout en s’ancrant durablement dans le territoire par la pierre et le château.
Le château Neuf ou Bas Château
Au XIIIème siècle, un « Bas château » sera construit. Pour ce faire, les Landsberg s’allient à la ville de Strasbourg, soutiennent son évêque, et lui ouvrent les portes du château.
Le Bas-Château forme un trapèze protégé côté nord-ouest par deux tours cylindriques.
Au début du XVe siècle, l’importance des armes à feu est croissante. C’est pourquoi, une nouvelle campagne de travaux commence. On délaisse le Bas Château, réutilisant ses pierres pour adapter le site à l’usage d’armes à feu.
Puis le château perd de sa valeur. Dès le début du XVIe siècle il semble commencer à s’effondrer. Il sera abandonné au XVIIème siècle. Seul quelques bâtiments seront encore occupés par un garde-forestier au moins jusqu’en 1733.
Particularité du lieu : La "Schlosselblum", une fleur à observer avec soin
Entre mi-janvier et mars, on découvre quelque chose d’inattendu. Un tapie jaune d’éranthes d’hiver s’étalent au pied du château et enchante les lieux. Les abords des sentiers sont alors couverts d’une nappe jaune dense. L’éranthe d’hiver, Eranthis hyemalis, est appelée, en Alsacien, Schlosselblum, la fleur du château.
La légende
On raconte qu’un preux chevalier revenant de croisade l’aurait rapportée de sa terre d’origine pour l’offrir à sa belle. Depuis, chaque année, les alentours du château du Landsberg, qui accueillit autrefois les amours princiers, se couvrent d’or…
Comme son nom l’indique, l’éranthe d’hiver fleurit dès la mi Janvier. Cet épanouissement précoce, marque la fin de l’hiver. Elle est alors la seule fleur en forêt et nous procure une immense joie. Fini la mélancolie hivernale.. le printemps arrive.
Originaire du Nord de l’Italie, belle et délicate, ne vous y fiez pas.. Toutes les parties de la Schlosselblum (Eranthis hyemalis ou Aconit d’hiver) sont très toxique. Cette plante contient des glycosides qui affectent le cœur et peuvent provoquer des troubles du rythme cardiaque. Les autres symptômes d’une intoxication sont des nausées et des vomissements. Par prudence il faut donc tenir les enfants et les animaux domestiques éloignés de ces plantes.
Principe de précaution : Il est fortement conseillé de se laver les mains à l’eau et au savon après avoir touché l’Eranthis hyemalis. Ne vous touchez pas les yeux ou la bouche avec des mains non lavées.
Belle mais fragile
Cette petite fleur jaune est surtout fragile. Sa présence ici est le résultat d’un équilibre précis entre un sol, une altitude, et des siècles de tranquillité relative. Une cueillette, même partielle, fragilise les colonies. Piétiner les touffes hors sentier suffit à réduire une floraison qui a mis des années à s’installer. Aussi, restez sur le chemin balisé et de contentez-vous de les regarder, SVP.








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