Andlau est un charmant village viticole situé sur la Route des Vins d’Alsace.
Le village doit son nom à l’Andlau, petite rivière qui prend sa source dans les Vosges, près du Champ du Feu.
C’est un endroit ou il fait bon se promener en toutes saisons. Entre vignes et forêts, il est agréable de profiter de ce petit coin de nature niché au fond d’une vallée. Marches populaires, randonnées voir même marches gourmandes, c’est le point de départ pour de nombreuses ballades. Je vous indiquerai, tout au long de cet article, quelques circuits à faire.
Mais partons d’abord à la découverte d’Andlau et de ses nombreux trésors : Son Abbatiale, ses châteaux, ses ruelles pittoresques sans oublier la Seigneurie, le centre d’interprétation du Patrimoine. En route…
L'Abbaye Sainte Richarde
En premier, je vous conseille de visiter l’Abbaye Sainte Richarde. Pour ce faire laisser votre voiture sur place ou sur le parking situé Rue du Mal Foch.
En visitant l’abbaye, joyau de l’Art Roman, ne manquez pas de chercher la crypte du XIème siècle. Petit indice : Elle est gardée par une ourse en grès, un porche et une frise historiée du XIIème siècle qui en font le plus riche portail sculpté d’Alsace.
Mais qui est Sainte Richarde dont on parle tant ici ? Je vais vous raconter son histoire. Commençons par le commencement..
Histoire de Richarde
Richarde est la fille du riche et puissant Comte de Nordgau, qui vit en Alsace au neuvième siècle. Ses vastes domaines couvrent tout le val d’Eléon, aujourd’hui vallée d’Andlau. Belle, brillante, intelligente, ayant aussi de grandes qualités de cœur, Richarde est très courtisée. Cependant, son intention est de se vouer au culte de Dieu, en se retirant au Hauhenbürg, dans l’abbaye fondée par Sainte Odile. Mais il se présenta tout à coup un prétendant que ni Richarde, ni ses parents, n’osèrent refuser : ce prétendant, est Charles-le-Gros, arrière petit fils de Charlemagne et empereur d’Allemagne et d’Italie. Leur union est célébrée en l’an 862, et les deux époux sont sacrés à Rome par le pape Jean VIII.
Charles le Gros, est cependant trop faible pour gouverner son vaste empire. Il en laisse donc le soin à l’impératrice Richarde, sa femme. Celle ci, a pour conseiller Liutward, Evêque de Verceil. Mais, les courtisans, jaloux de l’autorité de l’évêque et du rôle de Richarde, souhaitent sa ruine. Ils trouvent le moyen, après vingt cinq ans de mariage de rendre le monarque jaloux et de lui rappeler qu’elle ne lui a pas donné d’héritier. C’est ici que les versions divergent..
La légende Sainte Richarde
Version 01 – l’épreuve du feu
Bien que vaillante, les dissensions intérieures ne tardent pas à émousser l’énergie de Dame Richarde et à lui rendre la couronne bien lourde à porter.
Son père, mort dans l’intervalle, elle désire, en fille reconnaissante, lui élever un monument digne en sa mémoire. Elle se retire donc au monastère de Hauhenbürg. Là, dans une profonde solitude, elle passe son temps à prier pour l’âme du défunt.
Un jour, dit la légende, elle a une vision. Elle entend une voix qui lui dit : » Descends jusqu’au bas de la montagne, gagne le domaine que t’a légué ton père, et là où tu rencontreras une ourse grattant la terre, là, tu construiras un monastère. » Richarde s’empresse de mettre cet ordre mystérieux à exécution. Arrivée au val d’Eléon (anciennement le Val d’Andlau) elle rencontre effectivement une ourse, avec ses petits. De nos jours, on voit encore, dans la crypte de l’abbaye, une cavité que l’on croit être celle creusée par l’ourse.
Le lendemain, sans perdre de temps, elle communique son projet à Charles le Gros, son mari. Celui ci lui donne son consentement et aussitôt une armée d’ouvriers se met à l’œuvre.
L’abbaye achevée, elle reçoit une dotation royale, dotée de biens considérables et d’un grand nombre de privilèges. Elle fut même autorisée à battre monnaie jusqu’en 1004. Le monastère est destiné aux vierges nobles, qui, redoutant les dangers et les vanités du monde, cherchent un asile sûr et tranquille. Les plus illustres familles d’Alsace et d’Allemagne briguent l’honneur d’y faire entrer leurs filles.
L’impératrice se met, elle même, à la tête de son abbaye. Elle en compose tous les statuts, tant pour le gouvernement temporel que spirituel. La règle est loin d’être sévère. La question du bien-être matériel des jeunes chanoinesses est largement prévue. Celles ci ne prononcent aucun vœux et peuvent donc, quand bon leur semble, rentrer dans leurs familles et même se marier. Chacune a son appartement et sa chambrière. Musique, danse, poésie, mais aussi promenades en voiture sont au programme. Aussi bien que les œuvres de piété et de bienfaisance, bien sûr. Après avoir réglé toute son institution, Richarde part pour Rome, pour soumettre l’abbaye à l’approbation du pape.
Pendant ce temps, les facultés intellectuelles de Charles-le-Gros, aussi bien que sa santé, déclinent de jours en jours. Les seigneurs allemands, exaspérés de la présence de ce prince étranger, profitent de ce moment et de l’absence de Dame Richarde pour former un complot ayant pour but de détrôner Charles-le-Gros.
C’est ainsi qu’elle est accusée d’adultère avec son conseiller, l’Évêque Liutward. Celui-ci est chassé de la cour et l’impératrice répudiée. Son mari, dont la faiblesse est connue, convoque même une assemblée de grands, devant laquelle il fait comparaître Richarde. Il déclara solennellement qu’il l’a toujours laissée vierge, et que, si elle est réellement innocente du crime dont on l’accuse, elle devrait s’en référer au jugement de Dieu. Richarde accepta le défi et choisit l’épreuve du feu. Vêtue d’une chemise enduite de cire, à laquelle ont mis le feu en quatre endroits, elle n’est point atteinte par les flammes qui s’éteignent miraculeusement. Entièrement blanchie, elle annonce à l’empereur qu’elle quitte le monde pour toujours et qu’elle se retire au monastère d’Andlau.
Quant à Charles, il ne tarde pas à expier durement sa faiblesse et son injustice. Détrôné quelque temps après, il meurt misérablement dans l’abbaye de Reichenau.
Après cette épreuve, Richarde trouve, dans son abbaye, une douce quiétude, dans la prière et les bonnes œuvres. Elle gère aussi avec bonté et indulgence les sœurs qui l’entourent. Elle meurt à l’âge de 42 ans, entourée de son chapitre et regrettée de tous. Puis, elle sera canonisée par le pape Léon IX qui se trouvant en Alsace, sa patrie, vint à Andlau bénir l’église nouvellement construite.
Version 2 – La femme qui a vu l’ourse..
Charles le Gros fait murer son épouse, Dame Richarde, Princesse d’Ecosse, à cause de méchantes rumeurs et calomnies que font courir sur elle certains écuyers, blessés par son dédain. Un homme se fait alors connaître de l’empereur et dit : « Je suis le Sire d’Andlau et je demeure dans la vallée où il y a plus d’ours que d’hommes. On a tenu des propos malveillants sur ta femme, qu’on vienne m’en rendre compte car elle est de ma famille. Je défie quiconque a la langue trop pendue et a tenu sur Dame Richarde des propos calomnieux«
Sur ordre de l’Empereur les écuyers délateurs s’alignent devant l’homme de la vallée des ours qui les estropie tous. Devant la victoire du défenseur, il faut bien à l’empereur reconnaître la pureté de Richarde. Ainsi fut elle délivrée et laissée libre par son époux de partir accompagnée du Sire d’Andlau et des gens d’Alsace. Ils galopèrent donc des jours et des jours. Un soir de bivouac un ermite lui crie : « Va vers les bêtes sauvages, va leur prêcher la parole du Seigneur. Quand tu verras une ourse noire gratter la terre, arrête-toi, et bâtis là une maison pour Dieu« .
Richarde continue sa route, entre rocs abruptes et cascades grondantes. Alors qu’elle s’enfonce dans une sombre vallée, le sire d’Andlau lui crie : » Dame Richarde c’est ici que commence mon pays ! » La vallée semble se rétrécir de plus en plus. Soudain, là ou l’on aperçoit la plaine, l’impératrice s’arrête. Une ourse noire gratte la terre. Devant ce spectacle elle met pieds à terre, malgré les recommandations de prudence des gens qui l’accompagnent.
« Que fais-tu pauvre bête ? Tu m’indiques le terme de ma route ? » L’impératrice caresse la tête de l’ourse qui lui montre le corps figé de son ourson. Des larmes coulent des yeux de la bête. Dame Richarde prend l’ourson dans ses bras et le réchauffe contre son sein. « Pourquoi voulais-tu enterrer, ton petit ? » dit-elle. En effet, le petit d’ours n’est qu’engourdi et il se met rapidement à gambader sur le chemin. Alors l’ourse noire fait la belle. Pour marquer sa reconnaissance, elle pose son nez froid sur le bout des doigts de Dame Richarde et se met même à lui lécher le visage. L’impératrice n’en demandait pas tant…
Les chevaliers avaient, eux aussi, mis pied à terre. Ils regardent, interloqué, ce prodige. Dame Richarde ordonne aussitôt que des maçons de Barr viennent en ces lieux bâtir un grand couvent pour les pauvres et les déshérités. On raconte que le jour de la consécration du couvent les ours de la vallée d’Andlau vinrent respectueusement adorer le Créateur. On dit aussi que l’impératrice une fois morte, l’ourse gratta la terre, comme sur la route. Elle mit à jour le corps de sa bienfaitrice, tenta de la réchauffer, gémit toute une nuit, et mourut à son tour.
Voilà l’histoire de Dame Richarde. C’est en souvenir d’elle que les montreurs d’ours, quand ils passent à Andlau, étaient logés et nourris aux frais de la cité, pour la plus grande gloire de cette impératrice bienfaisante et douce, qui savait attendrir le cœur même des bêtes les plus féroces.
Les Vitraux de l'Abbaye Sainte Richarde
Après la révolution, l’abbatiale Sainte-Richarde devient l’église Saint-Pierre et Saint-Paul. Mais pour nous elle reste et restera toujours l’Abbaye Saint Richarde. Liée à cette Dame exceptionnelle et sa légende.
L’Abbaye compte aussi de superbes vitraux que je ne me lasse pas d’admirer. On y trouve bien entendu le Christ, mais aussi Saint Louis, Sainte Odile, l’Archange Saint Michel et bien d’autres..
D’autres décorations sont aussi très belles. Sculptures, peintures, travail du marbre et du bois.. nos églises et nos cimetières regorgent de témoignages de la valeur des artisans de chaque époque.
Pèle Mèle on retrouve ici une très belle sculpture en bois soutenant la chaire. Il s’agit de Samson, héros de force herculéenne. Couvert de la dépouille du lion de Némée, il soutient la Chaire.
Un peu plus loin dans le chœur, on trouve sur le maître-autel, un très belle ange en prière.
Il reste encore bien d’autres objets à découvrir. C’est pourquoi je vous invite à faire un petit tour du côté d’Andlau.
Andlau, un endroit très Nature
Son Vignoble
En 2014, Andlau a participé à l’émission « Le village préféré des français ». Résultat du classement ? Deuxième. Pas mal.. Voici donc une deuxième raison d’avoir la curiosité d’y faire un petit tour.
Pour profiter pleinement des richesses d’Andlau et de son vignoble, le vélo est sans doute la meilleure solution. Surtout s’il dispose d’une assistance électrique permettant de se rendre sans efforts, ou presque, sur les hauteurs de la ville au cœur des vignes. De magnifiques points de vue vous y attendent..
L’origine de la vigne à Andlau remonte probablement à l’époque de l’occupation romaine. On sait, avec certitude, que les versants sud de la vallée sont cultivés depuis le VIIème siècle.
Au XIème siècle, des écrits relatent l’extrême qualité des vins de ce terroir et le Pape Léon IX s’approvisionnait volontiers à Andlau. Vous savez ? c’est le pape qui à bénit l’Abbaye Sainte Richarde. Et.. étant Alsacien lui même, il est normal d’avoir un penchant pour les vins d’Alsace.
Par la suite, ce sont les Abbayes d’Andlau et d’Altorf qui ont pratiqué et développé la viticulture et faisaient commerce de leur production au XVIème siècle.
Ses Grands Crus
Chose unique dans le Bas-Rhin et rare en Alsace, Andlau dispose, de par sa géologie complexe et variée, de trois Grands Crus sur son ban communal.
Le Kastelberg, le Wiebelsberg et le Moenchberg
Le Kastelberg (montagne du château) : Ce terroir, exposé sud à sud-est est surmonté d’une charmante gloriette. Il est uniquement planté de Riesling et domine de ses fortes pentes l’Abbaye Sainte Richarde.
Du levant au couchant, rendez-vous à la gloriette du Kastelberg, au cœur des vignes. Un spot photo à ne pas manquer
Pour découvrir le Kastelberg je vous propose une petite ballade d’une heure. Voir l’itinéraire ci-dessous
Le Wiebelsberg (Mont des femmes) : Ce terroir offre des vins floraux au fruité délicat. Il tient son nom « mont des femmes » du fait que ce sont les Abbesses d’Andlau qui ont longtemps commercialisé son vin. Pour info, Wieb signifie femme en alsacien.
Classé Grand Cru dès 1983, il est cultivé de Riesling à 90 % mais aussi de Pinot Gris et de Muscat.
Le Moenchberg (Mont des Moines) : Vous ne pouvez pas le manquer. Situé entre Andlau et Eichhoffen, il s’étend sur presque 12 hectares de pentes douces. C’est sans doute l’un des plus anciens vignobles d’Alsace. On y cultive surtout le Riesling mais aussi le Pinot Gris et le Gewurztraminer. La statue du moine, érigée juste au-dessus du village indique l’un des plus beaux panoramas de la région.
Le mot MOENCHBERG se traduit littéralement par « Mont des Moines » en référence aux bénédictins de l’Abbaye d’Altorf, anciens propriétaires du coteau.
En effet, ce sont les Abbayes qui ont géré la production des vins de la vallée.
Et c’est bien un fut de vin que transporte notre moine vigneron.
Non loin du Moenchberg, en revenant sur Andlau on trouve la Chapelle Saint André. Allons y faire un tour.
Ahhh petit apparté. Du bois à la vigne..
Le saviez vous ? Les propriétaires du Domaine Wach étaient d’abord artisans tonneliers avec de devenir artisans vignerons. Dans le village, au 4 Rue des Forgerons, se trouve une maison à colombages construite en 1666 pour un tonnelier dont elle porte l’emblème et les initiales (HAS) sculptées dans le grès de la porte du passage d’entrée. Mais aussi dans le bois d’un potelet décoré sous une des fenêtres de l’étage. Impossible d’en prendre une photo, la rue étant très étroite et ne permettant pas d’avoir assez de recul.
La Chapelle Saint André
Entourée de son cimetière, la Chapelle Saint André est située à l’extrémité sud du village. La chapelle et sa tour octogonale remonte au moyen-âge.
Au départ les gens de la vallée d’Andlau et du village d’Eischhoffen se partageaient cet endroit, mais, la population croissant, Eischhoffen fit construire sa propre église.
Pourtant les gens restent attaché à cette chapelle. C’est une association qui s’occupe de son entretien et de sa rénovation. En 2016 on Installera deux nouvelles cloches et des nouveaux bancs. Puis viendra la restauration du maître-autel. En 2017, alors qu’elle était privée d’orgue depuis son déménagement pour l’église d’Eichhoffen il y a 150 ans, la chapelle en retrouve un, bien de son temps. Il a la particularité d’être numérique. Hé oui..
Cette chapelle entièrement restaurée dispose d’une acoustique naturelle splendide, où la musique baroque et les maîtres français trouvent parfaitement leur place. Il n’y a plus qu’à venir écouter lors d’un des concerts donné en ce lieu.
Andlau et ses Châteaux
Depuis le village, les sentiers de randonnée mènent aux châteaux du Haut-Andlau et du Spesbourg. Facilement accessibles, ces boucles offrent un mélange harmonieux de nature et d’Histoire. En chemin, profitez des beaux points de vue sur la vallée. Parcourez le vignoble ou, à l’automne, chercher quelques champignons en forêt. De quoi faire une belle poêlée au retour.
Profitez de cette nature apaisante. Si vous avez de la chance vous croiserez peut être un chevreuil ou un sanglier lors de votre promenade.
Je vous propose, ci-dessous, un circuit qui vous permettra de découvrir les deux châteaux d’Andlau.
Le Haut Andlau
Une courte ballade en forêt nous mène au Château du Haut-Andlau. Je suis impressionnée par ses deux tours et le remarquable travail de restauration effectué par l’association des amis du château d’Andlau. Mais partons sur la trace des chevaliers.
Les d’Andlau, Chevaliers du Saint Empire Romain Germanique sont une des plus anciennes famille d’Alsace. Le château est construit, entre 1250 et 1264, à l’initiative de Eberhard d’Andlau. Les deux tours majestueuses dominent au nord Barr et la vallée de la Kirneck et, au sud, la vallée d’Andlau.
Le château d’Andlau est l’un des très nombreux châteaux forts de montagne construits entre le XIIe et XIVe siècle dans les Vosges alsacienne. Il est dépourvu de cour, le logis seigneurial se trouvant entre les deux tours. Son entrée a été conçue comme une succession de pièges contre l’ennemi. On est jamais trop prudent.. Hé oui c’est un château fort tout de même.
Le saviez vous ? On pense que durant l’Alsace médiévale, le nombre de châteaux fort devait atteindre les 500. Les 2/3 étaient situé en plaine et 1/3 en montagne. Ils sont malheureusement progressivement abandonnés en raison des guerres et combats locaux, mais aussi de leur coût d’entretien et de leur inconfort. Pourtant ils sont encore nombreux à défier le temps sur le versant Alsacien des Vosges. On estime leur nombre à 80 environ présentant des traces visibles et intéressantes pour le promeneur.
Ouvrage fortifié, le château est un lieu de défense, de résidence et parfois un centre administratif. Il matérialise la protection d’un territoire et de ses habitants et concrétise l’autorité du seigneur. Lieux importants de l’histoire médiévale de la région, le château d’Andlau est situé sur un sommet granitique, à 451 mètres d’altitude. Il est constitué d’un long corps de logis qui se développe sur trois niveaux (un niveau inférieur, servant de cave et pourvu de hautes fentes de tir à large niche intérieure, sous deux étages d’habitation) avec un donjon circulaire à chaque extrémité d’environ 8 mètres de diamètre et 21 mètres de hauteur.
Le donjon du château alsacien avait pour but de fournir aux défenseurs un poste d’observation élevé et en dernier ressort se réfugier, mais il ne constitue jamais l’habitation du châtelain. Comme sur les tours d’Andlau, le donjon n’a jamais de porte au niveau du sol. Haut-placée à une dizaine de mètres au-dessus de la cour, précédée d’une logette en bois, cette porte était reliée par une passerelle mobile au chemin de ronde de la courtine (mur situé entre deux tours) ou à un bâtiment et, en cas de danger, elle pouvait être facilement enlevée.
Le Haut Andlau au fil du temps
Des cheminées sont ajoutées dans certaines pièces du château au 13e siècle. En fait ce sont des poêles en faïence typiques d’Alsace-Lorraine (Kachelhoffe). De même, des fenêtres sont ajoutées au logis au 16e siècle pour donner plus de lumière et de confort au château.
Vers la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle, on construit une basse-cour flanquée par 2 petites tours. Elle comporte aussi un pont-levis, des communs et une porte datée 1538.
Le château habité jusqu’au début du 19e siècle est partiellement démantelé à partir de 1806 et est restauré partiellement au 19e et 20e siècles.
Des travaux de consolidation sont entrepris en 1859. En 1926, le château est classé Monument historique puis fait l’objet de travaux de consolidation en 1927-1928 grâce à une campagne de restauration à l’initiative du Club Vosgien de Barr. En 1998, un morceau de l’enceinte tombe, montrant la fragilité du site et de son état avancé de délabrement. Le comte Guillaume d’Andlau crée en 2000 l’association des Amis du Château d’Andlau à travers laquelle il mène plusieurs campagnes de travaux et des chantiers d’insertion depuis 2005. L’association est devenue gestionnaire du site à partir de 2008.
Mythes et Légendes
Le garçon meunier et la demoiselle du Haut Andlau
Il était une fois.. La fille d’un chevalier de Haut Andlau qui était tombée amoureuse d’un beau garçon meunier dans la vallée. C’est pourquoi, elle sortait souvent la nuit par une petite porte secrète alors que tout le monde dormait dans le château. Elle lui rendait visite dans le moulin. Ils s’aimaient tellement qu’aucun des deux ne voulait vivre sans l’autre, et ils pleuraient souvent des heures entières, quand ils pensaient au fait qu’il leur faudra un jour s’éviter.
Une nuit la jeune femme descend à nouveau de la montagne. Elle se rend au moulin sans trouver son bien-aimé. Elle cherche dans le moindre recoin, l’appelle avec angoisse par son nom et comme elle ne receçoit aucune réponse, elle éclata en sanglots et se met à gémir. Après avoir erré ainsi désespérée, elle le découvre, fracassé, dans le ruisseau du moulin. Elle perd conscience et se jete vers lui dans les eaux écumantes.
Depuis ce temps, on voit encore certaines nuits les silhouettes des deux amants. Chacune marche le long de l’autre rive, et disparaît en pleurant à chaudes larmes dans le bruit des vagues qui tombent de la roue du moulin.
Le Spesbourg
Construit sur un promontoire granitique en 1247 pour contrôler la vallée d’Andlau et l’abbaye voisines, le château possède un large donjon carré haut de 24 m dont l’accès n’est possible que par une porte haut placée. Une cour intérieure complète l’édifice. Des fragments de fresques polychromes sont visibles. Avec les chapiteaux de cheminées sculptées, elles évoquent un raffinement peu connu au XIVème s.
L’Histoire du Spesbourg
La date probable de la construction du Spesbourg est située entre 1246 et 1250. L’initiative en revient au Baron Alexandre de Stahleck-Dicka, avoué de l’Abbaye d’Andlau.
Cependant c’est seulement à partir de 1322 que l’on trouve une première mention du château, dans un texte qui reconnaît alors Henri de Stahleck-Dicka comme seigneur du lieu.
En 1386, Gauthier Stahleck-Dicka meurt en Suisse lors de la bataille de Sempach dans le canton de Lucerne. Celle ci oppose les troupes autrichiennes menées par Léopold III de Habsbourg, à celles de Lucerne. De nombreux nobles alsaciens qui combattirent sous la bannière des Habsbourg furent tués lors de cette bataille. Gauthier Stahleck-Dicka meurt ne laisse pas d’héritier. Le château sert alors de résidence à certains membres de la famille d’Andlau.
En 1431, Etienne de Bavière investit le Spesbourg. Il est repris la même année par les d’Andlau, à la tête de 2000 hommes.
Puis, au XVIème siècle, le château est incendié par des bourgeois de Barr, désireux de se venger d’un noble. Il est alors laissé en ruine.
En 1904, celui ci devient la propriété de la ville d’Andlau. Le Spesbourg sera alors classé Monument Historique et fera l’objet depuis ce moment d’une restauration le rendant accessible.
La Seigneurie
La Seigneurie, Centre d’interprétation du patrimoine, est hébergé dans une ancienne résidence des sires d’Andlau. Bâtie en 1582-1583, elle est caractéristique de l’architecture nobiliaire Renaissance et est, de ce fait, un des monuments emblématiques du village.
C’est avant tout un lieu de découverte et de compréhension de notre patrimoine. Non seulement celui du Pays de Barr mais, plus généralement celui de toute l’Alsace.
Venez vous tester au montage des maisons à-pans-de-bois (maisons à colombages), à la reconnaissance des matériaux, à la construction d’un arc brisé… Découvrez le travail de la vigne et les grands crus du coin.. Une belle entrée en matière pour découvrir notre patrimoine.
Expositions, ateliers, dégustations, la Seigneurie offre un parcours de visite ludique et interactif qui plaira aux petits et aux grands.
le parcours permanent - 1ᵉʳ, 2ᵉ et 3ᵉ étages
Sur une surface de 700 m2, il permet de découvrir des trésors culturels du Pays de Barr et des particularités Alsaciennes.
Au 1er étage c’est la découverte d’un terroir et de ses ressources. On nous y présente le vignoble et ses grands crus. Mais aussi les forêts indispensables à la construction des futs et des colombages. Puis vient la pierre, taillée, sculptée pour la construction.
On y découvre aussi les différences entre les colombages de nos maisons Alsaciennes et leur significations.
Au 2ème étage est spirituel. Il nous fait découvrir le patrimoine religieux de la région et les monuments qui leur sont consacrés.
On y découvre aussi l’art du vitrail ainsi que quelques objets anciens.
Le 3ème étage est, quant à lui, consacré aux monuments de l’organisation politique. De très belles maquettes nous racontent le rôle de ses monuments construits pour durer. Des Châteaux Forts du coin, à la Mairie de Barr, en passant par l’Hôtel particulier des Sires d’Andlau, ces monuments et leur rôle n’auront plus de secrets pour vous.
Belle sortie culturelle, interactive et ludique, n’hésitez pas..
HORAIRES :
- Janvier et Février : 14H00 à 18H00
- Avril à Septembre : 10H00 à 13H00 – 14H00 – 18H00
- Octobre à Décembre : 14H00 à 18H00
TARIFS 2026 :
- Adulte : 7€
- Enfants : 5€ – Gratuit jusqu’à 4 Ans
- Famille (2 adultes + 2 enfants) : 20€
- Etudiants : 5€
Important : Le site est accessible aux personnes à mobilités réduites et aux poussettes. Sur le parvis de la Mairie, 2 rampes d’accès permettent d’arriver à l’entrée du jardin. L’entrée se fait par le bâtiment moderne qui abrite l’accueil et la boutique au rez-de-chaussée. Un vestiaire, des toilettes et un ascenseur se situent également à ce niveau.
Où se situe Andlau ?








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