Située à seulement 42 kilomètres de Kyoto et 30 kilomètres d’Osaka, Nara est la capitale de la préfecture du même nom. Destination très appréciée des touristes aussi bien des étrangers que des Japonais. Nous décidons donc aujourd’hui d’y passer la journée.
Nara a été, pendant 74 ans, la première capitale fixe du Japon. Son nom était alors Heijô-Kyô. Un riche patrimoine témoigne du passé glorieux de la ville en tant qu‘ancienne capitale impériale du Japon.
Capitale fixe ? Pourquoi ? Il y a des capitales qui bougent ?
Un peu d'histoire s'impose * Genmei et la période Nara
Avant, les capitales se déplaçaient de royaume en royaume. Car, selon les anciennes conceptions du Shintoïsme, la mort constituait l’impureté la plus grave. Lorsqu’il s’agissait de la mort d’un souverain, l’impureté frappait alors la capitale. Il fallait donc, à ce moment là, détruire les palais et les reconstruire ailleurs.
Au début du VIIIème siècle on comprit qu’il fallait créer un centre plus durable pour le gouvernement et l’administration de l’État. L’impératrice Genmei (661-721) établit ainsi, en 710, la première capitale permanente de l’empire du Japon. L’actuelle Nara portait à l’époque le nom de Heijô-Kyô.
Nara est construite sur le modèle de la capitale chinoise de la dynastie Tang, Chang’an. Bien que de courte durée, la période de Nara a permis un développement culturel et politique notable. Cette période a façonné le Japon pour les siècles à venir.
Nara se transforme rapidement en une métropole prospère. La population était d’environ 200 000 habitants à la fin de la période. Des activités diplomatique animent la ville : des envoyés et des étudiants japonais sont régulièrement envoyés dans la Chine des Tang. En même temps, des visiteurs étrangers Chinois, Coréens et même Indiens arrivent à Nara. Ces échanges culturels contribuent à l’atmosphère cosmopolite de Nara.
Cependant, en 794, les conflits internes à la cour, les luttes de pouvoir et l’ascendant pris par le clergé bouddhiste, conduisent finalement, l’empereur Kanmu à déménager la capitale de Nara à Heian-Kyô, l’actuelle Kyoto. Ceci marque la fin de la période Nara.
Heureusement, un très beau patrimoine perdure à Nara. Pas moins de huit sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Temples et Sanctuaires sont la mémoire spirituelle de cette période.
Nara et ses daims
Dès la descente du train, je découvre l’hôte principale du lieux, le daim.
Le parc de Nara est désigné comme « Endroit de Beauté ». Il recouvre une surface de 600 ha et environ 1200 daims apprivoisés s’y promènent en liberté. Ils sont considérés comme les messagers des Dieux dans la religion Shinto. On parle souvent des daims de Nara, mais ce sont, en réalité, des cerfs Sika (shika en japonais), une espèce proche du daim mais légèrement plus petite.
Sur mes photos les daims ont l’air un peu miteux à cause des poils qui manquent, mais c’est normal. Nous sommes au mois d’Avril et ils perdent leur pelage d’hiver. Ici c’est priorité aux daims.. On peut leur acheter à manger et ils ne se privent pas de vous le demander.
En fin de journée, on peut voir des hordes entières de cerfs Sika (shika)se déplacer pour rejoindre de grands près, loin de la foule des touristes et de visiteurs.
Une histoire de cerf * La légende
Selon la légende, le kami Takemikazuchi, dieu du Tonnerre, arriva dans la ville pour la protéger, chevauchant un cerf blanc ailé. Les cerfs sont donc considérés comme divins et protecteurs de la ville. Ils sont aujourd’hui plus d’un millier à y vivre et possèdent le statut de « Trésor naturel » depuis 1957.
Cerfs sika apprivoisés mais non domestiqués alors attention
A Nara, il est possible de caresser les daims mais aussi de les nourrir. Pour ce faire il suffit d’acheter des galettes de riz spéciales appelées shika-senbei (150 yens, soit 1€20). Elles sont proposées dans de très nombreux stands. Les cerfs en ont pris l’habitude et viennent souvent jouer les curieux, voir les gloutons. Mais attention, n’oubliez pas que les cerfs restent tout de même des animaux sauvages. On vous conseillera par exemple de ne pas garder les biscuits en vue, ou encore de ne pas retirer un biscuit de la bouche d’un cerf une fois que vous avez commencé à le nourrir. Enfin, ne laissez pas les enfants sans surveillance.
En 2017 il y a eu 164 cas de morsure dont 78% impliquant des étrangers (qui étaient alors 2,09 millions à visiter la ville). En 2018, il y a eu plus de 200 cas concernant 80% d’étrangers. Soyez donc attentif aux consignes de sécurité se trouvant dans le parc et conformer vous aux recommandations pour approcher les daims. Les cerfs sika sont dociles, mais il ne faut pas baisser la garde. Lorsqu’ils ont faim et qu’ils souhaitent être nourris, les cerfs peuvent devenir agressifs ou compétitifs.
Je ne vous indique pas ces chiffres pour vous traumatiser. Ils ne sont pas trop importants au vu du nombre de visiteurs visitant Nara. Mais, je l’espère, vous éviteront de gâcher votre séjour ou vos vacances par manque d’information.
En restant prudent, il est possible de s’approcher ces cerfs et de se prendre en photo avec eux et/ou de leur donner des biscuits.
Nara et ses temples
Il y a ici des daims mais aussi de nombreux temples Bouddhistes et Shintoïstes. Mais je vous les présenterai en détail dans des articles qui leurs seront consacrés. Todai Ji, Nigatsudo, Kasuga Taisha en sont des incontournables.
Informations pratiques :
Accès :
Train Nara Line – Descendre à l’arrêt Nara Station puis rejoindre le centre ville
Train Kintetsu-Kyoto Line – descendre à Shin-Ōmiya Station puis marcher 900m, 11mn environ.








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