La basilique Santa Croce (Basilique de la Sainte Croix) est construite en 1294, au même endroit qu’une petite chapelle. Celle ci commémorait la mort de Saint François d’Assise, patron des moines Franciscains.
L’église, remaniée maintes fois, est actuellement la plus grande église franciscaine du monde. Aux Dominicains, Santa Maria Novella et aux Franciscains, Santa Croce. Hors de question pour eux de paraitre moins puissant qu’eux. Mais ici règne une certaine sobriété. Pas forcément dans la basilique mais dans le cloitre.

On surnomme, Santa Croce « Le Panthéon Florentin ». Et pour cause.. un certain nombre de célébrités Italiennes du monde des arts et de la littérature, ainsi que de riches dignitaires locaux, ont payé des sommes colossales pour être enterrés ici.
Elle abrite près de 300 tombes dont celles de Michel-Ange et de Galilée.
Le tombeau de Michel Ange
Mort à Rome en 1564, les Florentins, contre la volonté du pape, rapatrièrent son corps quelques jours plus tard à Santa Croce. C’est l’endroit qu’il avait choisi de son vivant. Les Florentins ont respecté son souhait.
Il souhaitait orner sa tombe d’une de ses magnifiques Pieta, mais c’est Giorgio Vasari qui réalisera celle de son tombeau et le buste qui le représente.

Santa Croce * Autres célébrités
Dante
Nous découvrons un peu plus loin le cénotaphe de Dante Alighieri, père de la langue italienne et auteur de la célèbre « Divina Commedia » (Divine Comédie). C’est le récit d’un voyage imagninaire en enfer, au purgatoire et au paradis publié au XIVème siècle.
Un cénotaphe c’est quoi ? C’est un monument funéraire qui, cependant, est dépourvu de la dépouille du défunt.
En fait, les restes de Dante reposent dans un mausolée de Ravenne, la ville qui a accueilli le poète après son exil de Florence. Plusieurs fois, la municipalité de Florence a tenté de récupérer ses restes, mais sans succès. Il ne reste donc, plus qu’à se contenter du cénotaphe et de la statue qui se dresse à l’extérieur de la basilique, à gauche de l’entrée. Ceux qui le souhaite pourront toujours chercher dans la villes les traces de la vie florentine de cet illustre poète, écrivain, penseur et homme politique.
Les Italiens sont particulièrement reconnaissant à Dante puisqu’il a contribué à la naissance de la langue italienne en choisissant le dialecte toscan plutôt que le latin pour écrire son chef-d’œuvre. « La divine comédie ».
Rossini
Les amateurs d’opéra peuvent se recueillir devant la tombe du grand compositeur, Gioachino Rossini. Comment vous ne le connaissez pas ? Mais si.. Il est l’auteur du fameux Barbier de Séville, de La Cenerentola (Cendrillon), de La Pie voleuse, ou encore de L’Italienne à Alger et de Guillaume Tell.
Mais qui est Rossini ? Écoutez l’extrait ci dessus et reconnaitrez certainement un de ses opéras les plus célèbres.
Les Chapelles
Santa Croce aligne onze chapelles au lieu des trois chapelles conventionnelles, plus cinq autres placées aux extrémités du transept. Fresques, vitraux et autels sont de toute beauté.


De nombreux artistes florentins ont décorés les murs, les chapelles et le parvis de l’église. L’école de Giotto y a pratiquement installé son atelier de peinture. C’est vous dire qu’il y avait du travail. Nous ne savons plus ou donner de la tête tant il y a à voir.
Peintures, fresques, dorures… il est temps de rejoindre le cloitre. J’espère y trouver un peu plus de sobriété pour reposer mes yeux 🙂
Les Cloitres de Santa Croce
A Santa Croce il y a, non pas un, mais deux cloitres. Le premier cloître comprend une chapelle, la chapelle Pazzi, dûe à l’architecte du dôme de la cathédrale, Filippo Brunelleschi (14-15e). Le deuxième cloître, que j’ai adoré, date de 1453. Son architecture serait due à Brunelleschi pour les uns, mais à Bernardo Rossellino pour d’autres, ce qui parait plus probable.
En fait peu importe pour moi. J’ai découvert une merveille d’élégance et de sobriété. Invitation au repos et à la méditation.



Ici point de peintures partout mais un puit et quelques rosiers. Une douce quiétude qui donne envie de se poser un peu. Je ne m’en prive pas.
Le Musée de Santa Croce
Une grande partie des couvents avec le grand réfectoire et des pièces attenantes sont devenu musée.
L’inondation de novembre 1966, lors de la crue de l’Arno, met Florence est à genoux. Santa Croce n’est pas épargnée. Les lieux et les collections sont gravement endommagés. Pas moins de 4.88 m d’eau ont envahis la basilique, les couvents et le musée. Une longue période de fermeture s’en suit pour restaurer les lieux.

Heureusement, grâce à une œuvre de récupération et de restauration approfondie, l’église a retrouvé sa splendeur d’antan.
Il faudra attendre 1975 pour que les lieux rouvrent au public avec, symboliquement, la réinstallation du Crucifix de Santa Croce de Cimabue qui reste partiellement restauré pour rendre compte des dégâts causés par les eaux.
Dans le Réfectoire on trouve aussi des fresques et des sculptures du XIVe et du XVe siècle, détachées de l’église et du couvent, et d’autres provenant de la démolition du centre historique de Florence.
Il eut été dommage de perdre des oeuvres comme « la descente du Christ dans les limbes » (photo de gauche) ou « Déposition » (photo ci-dessous)

N’hésitez pas à découvrir Santa Croce, l’un des joyaux de Florence.








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