Le Bosphore, est un passage maritime qui sépare la ville d’Istanbul en deux. Le détroit relie la mer de Marmara à la mer Noire. Il est un des symboles d’Istanbul.
Long de 32 kilomètres, il marque la limite méridionale entre les continents asiatique et européen. Sa largeur varie de 700 à 3000 mètres. C’est l’un des endroits où le trafic maritime est le plus important au monde. Des milliers de tankers transportent ici le pétrole de la mer noire.
Chaque matin, environ un million d’habitants passent de la rive asiatique à la rive européenne pour aller travailler. Soit près du quart de la population de la ville. Heureusement quelque cent cinquante navires, publics ou privés, effectuent la navette.
Un flot incessant de bateaux traverse le Bosphore. Tankers, chalutiers, barques et caïques, ferry et paquebots.. Il y en a de toutes les tailles et pour tous les usages.
Les rives du Bosphore
Le Bosphore contribue au charme et à la magie d’Istanbul. Lieu incontournable de la ville, c’est un endroit très vivant. Promeneurs, pêcheurs à la ligne, marins, vendeurs de balik ekmek (sandwich au poisson) s’y côtoient tout au long de la journée.
Nous décidons donc, nous aussi, de découvrir le Bosphore en bateau. Nous optons pour une petit embarcation, sans guide. Ceci afin d’avoir l’opportunité de nous approcher des berges et de prendre de belles photos. Cela ne semble plus possible aujourd’hui, mais vous trouverez pléthore de propositions, sur le net ou directement à l’embarcadère d’Eminönü.
La plupart du temps, les compagnies privées proposent un tour d’une heure et demie à deux heures qui permettent d’aller jusqu’au second pont. Le pont Fatih Sultan Mehmet. Puis de faire demi-tour afin de pouvoir profiter de la vue sur les deux rives, côté Europe et côté Asie.
Les monuments sur les rives du Bosphore
La Mosquée de Dolmabahçe
Le premier monument que nous voyons est la Mosquée de Dolmabahçe. Achevée en 1855, elle a été commandée par la Reine Mère Bezmialem Valide Sultan. Elle bénéficie d’une très belle place sur le Bosphore. Cette mosquée a beaucoup de charme et n’est pas tout à fait comme les autres. Elle se distingue par les immenses arches de pierre sur ses façades, coupées de grandes fenêtres. Celles ci permettent à la lumière d’en inonder l’intérieur.
Son style intègre à la fois des éléments traditionnels ottomans, mais aussi de subtiles touches baroques européennes. Ce mélange de styles, baroque et néoclassique, lui va bien et lui confère un style unique. La Mosquée de Dolmabahçe a aussi la particularité de posséder les minarets les plus fins au monde.
Cette mosquée, bien plus qu’un lieu de culte, incarne l’essence même de l’héritage culturel d’Istanbul.
La tour de l'Horloge
Faisant face à la Mosquée de Domabahçe, on trouve une tour avec une horloge. Elle aussi est de style baroque et néoclassique que les sultans de l’époque appréciaient tant. C’est sur ordre du Sultan Ottoman Abdülhamid II, entre 1890 et 1895, qu’on la construita.
C’est une maison d’horlogerie Française qui fabrique l’horloge. Le maître horloger, Johann Mayer, la mettra en place. En 1979, elle est passée du modèle mécanique au modèle électrique.
Le Palais de Dolmabahçe
Le Palais de Dolmabahçe se situe sur la rive Européenne du Bosphore. Il a abrité les derniers sultans de l’Empire ottoman. Six d’entre eux y résidèrent depuis son achèvement en 1856 jusqu’à la dissolution du califat en 1924.
Un peu d'Histoire
Sur ordre du sultan Abdulmecid 1er, entre 1843 et 1856, sa construction a pris un style européen. Ce dernier souhaitait un palais grandiose et moderne qui rivaliserait avec les résidences royales européennes de l’époque. Ainsi, ce palais est pour la Turquie, ce qu’est le château de Versailles pour la France.
C’est également à cette période que le sultan s’efforçait de faire des réformes (Tanzimat). Ceci afin d’adapter l’Empire Ottoman à l’image Européenne. Promulgation de la constitution Ottomane, mais aussi d’un code du commerce, d’un code pénal et bien d’autres réformes.
Les Ottomans ont investi dans de nombreux et luxueux palais tels que le palais Beylerbeyi, le palais Dolmabahçe, le palais Çırağan et le palais Yildiz.. Cependant, la décision de construire le palais de Dolmabahçe de manière aussi opulente a presque ruiné le budget de l’État. Témoin d’évènements importants qui ont façonné le destin de l’Empire Ottoman, le palais a aussi été à l’origine des difficultés financière de l’empire. Ce sont donc des prêts étrangers qui compléteront les dépenses somptueuses engagées pour sa construction. Conduisant à une influence étrangère accrue sur ses affaires.
Opulence et démesure * Un palais des mille et une nuits version baroque
Couvrant une superficie impressionnante de 45,000 mètres carrés, le palais de Dolmabahçe donne dans la démesure. A lui seul le palais, bâtiment monobloc, occupe 15 000 m².
285 pièces, 44 salons dont l’un de 2000 m², 6 hammams et 68 cabinets de toilette. C’est le plus grand palais en Turquie. On y trouve, des lustres gigantesques en cristal de Bohème. Mais aussi l’escalier de cristal, composé de cristal de Baccarat, laiton et acajou. Des colonnes grecques et des tapis à foison complètent le décor. On y découvre des décorations complexes ornant, méticuleusement, chaque chambre. Des meubles luxueux et des lustres éblouissants, mettent en valeur l’opulence et la grandeur dignes d’une résidence royale.
Le palais de Dolmabahce comporte huit portes. Trois d’entre elles s’ouvrent sur le Bosphore, offrant une vue imprenable sur la mer.
Le Palais de Dolmabahçe et Atatürk
Le palais de Dolmabahçe a également joué un rôle dans les années de fondation de la République de Turquie. Mustafa Kemal Atatürk, leader visionnaire et premier président de la Turquie, a tout d’abord utilisé le palais comme résidence d’été. Puis il a passé, ici, les dernières années de sa vie. Pendant sa présidence, c’est ici qu’il a mis en œuvre des réformes cruciales et mené d’importants travaux de gouvernance.
Il est mort le 10 novembre 1938, à 9 h 05 du matin. Heure à laquelle ont été arrêtées toutes les pendules du palais. Toutefois, cette pratique a changé récemment. C’est à tour de rôle, qu’on arrête les diverses horloges du palais, à l’heure fatidique. Seule l’horloge de la chambre est toujours restée arrêtée à 9h05.
En 2019, le nombre de touristes visitant le Palais était de plus d’un million. Il charme ses visiteurs par sa beauté, son luxe et son éclat. La photographie est strictement interdite à l’intérieur du palais, c’est pourquoi nous avons préféré l’admirer depuis le Bosphore.
Infos pratiques : Le palais de Dolmabahçe est ouvert aux visiteurs tous les jours sauf le lundi. Les heures de visite sont de 9h00 à 17h00. La dernière entrée est à 16h00. Tarif : 44.90 € (1.630 TL) avec coupe-file, guide audio et accès au harem.
Musée national de peinture des palais – Resim Müzesi
Le musée national de la peinture est un musée d’art qui se situe dans une ancienne résidence royale faisant partie du Palais de Dolmabahçe. En fait, il était autrefois un endroit utilisé comme lieu privé pour profiter de la vue sur Istanbul et le Bosphore. En 2014, il est devenu un musée. Il est possible désormais de visiter ses jardins, ses salles aux décorations opulentes et ses espaces d’exposition pour avoir un aperçu de l’histoire d’Istanbul. Il présente environ 200 peintures de palais, réalisées par des artistes turcs et internationaux du XIXe siècle.
Sous le règne du sultan Abdulmecid 1er, ce bâtiment historique marque une évolution significative du statut des héritiers ottomans suite aux réformes Tanzimat de 1839. Avant ces réformes, les princes royaux étaient traditionnellement confinés et isolés de la vie publique.
Ce bâtiment historique abritait auparavant le Musée d’art et de sculpture d’Istanbul. Le premier président Turc, Atatürk, en ordonera la création, en 1937. Après sa rénovation entre 2010 et 2014, on le transformera en un « nouveau musée ». Il abrite actuellement des œuvres d’art du XIXe et du début du XXe siècle, provenant principalement des palais de la dynastie Ottomane.
Le Palais Çırağan
C’est sous le règne du Sultan Abdulaziz que fut construit, entre 1863 et 1867, le Palais Çırağan. A cette époque, les sultans possédaient encore comme Abdulaziz des harems et faisaient bâtir leur propre palais moderne plutôt que d’utiliser ceux de leurs ancêtres. Pourtant, ce dernier retournera vivre dans le Palais de Dolmabahçe.
Pourquoi ? Selon certaines rumeurs, on racontait que la démolition du pavillon Beşiktaş Mevlevi et son ajout au parc du palais porteraient malheur. Le pavillon étant une loge où les Mevlevis (derviches), membres de l’Ordre Mevlevi, accomplissaient leur cérémonies.
Mais pourquoi Çırağan ? En fait à cause d’un festival de torches, appelés festivals de Çırağan que ce lieu était connu. Çırağan signifiant lumières (çerâğân) en persan. Ainsi, le palais doit son nom aux torches qui étaient allumées tout autour de lui.
De Palais à Prison pour le Sultan Mourad V
Après sa destitution et sa mort, le Palais Çırağan sera utilisé par d’autres membres de la dynastie ottomane. Le 31 Août 1876, c’est le Sultan Mourad V qui est destitué et contraint de résider au Palais Çırağan. Destituté en raison d’une instabilité mentale passagère, il y mourut pourtant le 29 Août 1904. Soit après 28 ans d’enfermement.
Après la proclamation de la Seconde Monarchie Constitutionnelle, en 1909, on transfert le Parlement ottoman au Palais Çırağan. À cette époque, le palais abritait des œuvres de Rembrandt et
d’Ayvazovski provenant de l’importante collection d’art d’Abdülhamid II.
Malheureusement, en 1910, un grand incendie se déclara dans le palais, détruisant en grande partie la structure. En 5 heures, des antiquités de grande valeur, la collection privée d’Abdulhamid II et la bibliothèque de Mourad V est réduite en cendres. Après l’incendie, le palais resta en ruines pendant de nombreuses années.
En 1930, en abattant les grands arbres, on transformera le jardin du Palais en terrain de football. Puis, en 1946, les tombes des derviches Mevlevi, situées au sous-sol du palais, seront détruites. La même année, le palais sera cédé à la municipalité métropolitaine d’Istanbul par une loi.
A partir de 1987, on entreprend une restauration complète du palais, fidèle à l’architecture d’origine. Ile devient alors un hôtel de luxe. Le Çırağan Palace ouvre ses portes en 1990. Il est l’un des hôtels les plus luxueux d’Istanbul. Prisé pour l’organisation de mariages, de conférences et d’autres événements importants.
La Mosquée d’Ortaköy
La mosquée d’Ortaköy est en fait celle du quartier qui porte le même nom. Ortaköy signifie littéralement village du milieu en raison de la légère avancée du quartier, sur le Bosphore. Ainsi, son nom officiel est Grande mosquée Mecidiye.
Petite info, c’est aussi dans ce quartier que vous pouvez déguster une spécialité Turque, le Kumpir. C’est une énorme pomme de terre, enveloppée de papier aluminium et cuite au four, puis fourrée d’ingrédients divers. Mais je m’égare.. aurais je faim ?
Achevé en 1855, le bâtiment actuel servira de grande mosquée impériale au sultan ottoman Abdülmecid. Ce sont les mêmes architectes arméniens, (Les Balyan) responsables également de la construction du Palais de Dolmabahçe, qui l’on conçu.
Avec en arrière plan le pont du Bosphore, la Mosquée d’Ortaköy profite d’un très beau cadre. On trouve ici, sur la même image la juxtaposition entre la modernité et la tradition d’Istanbul. C’est pourquoi, bon nombre de photographes viennent ici, à l’aube ou au coucher de soleil, prendre une photo de la mosquée.
Le Pont du Bosphore - Pont des Martyrs du 15 Juillet
Trois ponts suspendus enjambent le Bosphore. Nous approchons du 1er d’entre eux, le « Pont du Bosphore » aussi appelé Pont des Martyrs du 15 Juillet. Il relie le quartier d’Ortaköy (sur la partie européenne) à celui de Beylerbeyi (sur la partie asiatique). Inauguré en 1973, il est l’un des symboles d’Istanbul. A ce moment là, il était le 4e plus long pont suspendu au monde. Long de 1560 mètres, quelques 180 000 véhicules l’empruntent chaque jour.
Depuis 2007, de nuit le pont s’illumine ajoutant au charme d’une nuit sur le Bosphore.
Le 25 juillet 2016, le Premier ministre Binali Yıldırım rebaptise le point du nom de « pont des Martyrs du 15 Juillet ». Ceci en hommage aux victimes de la tentative de coup d’État de la nuit du 15 au 16 juillet précédents.
Yalis - Maisons Ottomannes
Les innombrables manoirs et villas qui trônent fièrement le long du détroit du Bosphore sont connus sous le nom de « Yalı » (prononcez Yaleu). Ce nom provient du grec yialos qui signifie « rivage marin ». A l’origine, elles étaient toutes peintes en rouge et, à partir du 18e siècle elles adoptent des tons pastel. Ces maisons étaient traditionnellement construites en bois et appréciées de l’élite Ottomane et des riches propriétaires. Au départ, la modestie de leur apparence extérieure s’opposait à la richesse de leur intérieur. Ils les utilisaient comme résidences secondaires, notamment pour les vacances.
Les Yalıs visibles actuellement sur le Bosphore datent des XVIIIème, XIXème et XXème siècles. Ce sont donc des éléments importants de l’histoire de la région. Les Yalis se négocient actuellement, pour les plus somptueuses, entre 4 et 83 millions d’euros.
Des maisons très convoitées
Tout le long du Bosphore, que ce soit sur la rive européenne ou asiatique, l’on peut voir ce type de construction en bois, en plus ou moins en bon état.
Ces demeures, construites en bois, sont les survivantes de nombreux incendies ayant ravagé des quartiers entiers d’Istanbul. Les maisons étant mitoyennes, le feu passait d’une habitation à l’autre et se répandait à vive allure. Entre 1853 et 1906 on recense pas moins de 229 incendies dans la ville. Mais bien que les réglementations de l’époque imposaient déjà les constructions en pierre ou en brique, il fallait reconstruire dans l’urgence et le bois était à nouveau choisit.
Actuellement il est interdit de détruire une maison de style ottoman. Quelque soit son état, à moins de la reconstruire à l’identique. L’Unesco veille et l’état Turque surveille. Cela n’est probablement pas du goût des promoteurs, qui aimeraient bien raser ces vieilles maisons. Mais cela nous permet d’admirer ces belles maison de bois. D’imaginer aussi la vie paisible que devait mener leurs habitants, sur les rives du Bosphore.
Restauration des Palais du sultan
Fin 2024 s’est achevé avec succès, la restauration de deux demeures emblématiques de l’époque ottomane, les demeures Fehime Sultan et Hatice Sultan. Situées à Ortaköy, elles sont également connues sous le nom de Palais du Sultan et/ou Perles du Bosphore.
Ces palais, considérés comme des joyaux architecturaux d’Istanbul, ont subi un vaste processus de restauration. Ceci afin de préserver leur importance historique et leur grandeur.
Les photos « Avant » ont été prises en 2009, lors de notre séjour à Istanbul. Les photos « Après » datent de 2024.
Il était une fois.. des Palais, des manoirs, des sultans, des pachas et des princesses
Entre Ortaköy et Kuruçeşme, le long du Bosphore, s’alignaient un grand nombre de Palais et maisons appartenant ou étant destinées aux filles, sœurs ou nièces des sultans de l’époque. A côté des manoirs de Fehime Sultan et d’Hatice Sultan se trouvait celui de leur sœur, Fatma Sultan. Celui ci sera malheureusement détruit lors de la construction du pont du Bosphore.
Je vais vous raconter, ici, l’histoire des yalis Fehime et Hatice mansion. Mais aussi celle de ceux et celles qui y vivaient.
Mourad V
Il était une fois un sultan du nom de Mourad V, 33ème sultan Ottoman. Son règne est le plus court de l’histoire. 3 mois et 1 jours. Il devient sultan après la destitution de son oncle Abdülaziz. Mais il sera lui même destitué et remplacé par son frère Abdülhamid II à la suite d’une crise folie passagère. Il ne restera donc sur le trône que 93 jours.
Il passera le restant de ses jours enfermé au Palais Çırağan avec deux de ses filles, Hatice et Fehime et leur mère. Soit durant 28 ans environ. Abdülhamid II, souhaitant garder sa fonction, s’arrange pour que l’on ne connaisse pas le rétablissement et l’état de santé de Mourad et interdira que l’on s’approche d’eux.
Mourad a reçu, dans son enfance, une bonne éducation. Il a pris des leçons de culture générale et de sciences orientales, apprend le Français et maitrise le piano. Il composera de nombreuses chansons par lui-même. C’est ainsi que durant sa captivité il transmettra son savoir à ses filles. Hatice et Fehime, étaient âgées respectivement de 6 ans et 1 an, au moment de mise en captivité de leur père au Palais.
Sultan Hatice
Hatice est une petite fille heureuse. Elle aime les histoires et a une grande imagination. C’est une grande romantique. Dès qu’elle a appris à lire, elle choisi secrètement des romans parmi les livres de son père. La plupart de ces romans étaient écrit en Français, langue qui lui a été enseigné par un professeur et son père. C’est pourquoi on aurait pu la surnommer « L’étoile des princesses ». En grandissant elle deviendra une femme sensible, joviale et enthousiaste.
Sultan Fehime
Fehime, quant à elle, reçoit également une bonne éducation. Elle s’intéresse aux Arts et à la musique et adore le piano. C’est ainsi qu’elle joue des heures en compagnie de son père et compose des hymnes avec lui. Elle montrait peu d’inclination pour la lecture, préférant se regarder dans le miroir et être louée. Au Palais son surnom était Kelebek Sultan, « Princesse Papillon, » en raison de son art extravagant et de ses vêtements coûteux. Une véritable petite princesse des mille et une nuits, choyée par son papa, non ?
Le temps passe et Hatice et sa soeur sont toujours célibataires. Devenue femme, Hatice suppliera donc qu’on la laisse se marier. La demande d’arranger le mariage de ses deux filles est transmise par Mourad V au Sultan Abdülhamid II. Celui ci y consentira à deux conditions : C’est lui qui choisit leurs époux et elles s’engagent à ne plus remettre les pieds au palais de Yildiz une fois mariées. En contre-partie il attribue à chacune d’elle un manoir (Yali) sur les rives du Bosphore.
On a donc demandé aux princesses ce qu’elles souhaitaient. Toutes deux ont choisi de quitter le Palais Çırağan et de se marier. Pour ce faire, Abdülhamid II emmène les deux princesses au Palais de Yildiz (Littéralement « Palais de l’étoile »), un ensemble de bâtiments, pavillons et villas, qui lui servent de résidence. C’est là, en octobre 1898, qu’elles purent rencontrer l’impératrice allemande Augusta Victoria de Schleswig-Holstein, épouse de l’empereur Guillaume II et de participer à la cérémonie célébrant sa venue à Istanbul.
Fehime Sultan - Fehime Sultan Mansion
En 1883, Abdülhamid II fait construire un manoir qu’il attribue à Gazi Osman Pacha, héros de la guerre de Pleven, en remerciement de ses faits d’armes. Le sultan a beaucoup d’estime pour lu et admire sa bravoure. Il lui donne le titre de « Gazi » (« guerrier » ou « victorieux ») et le hisse au rang de maréchal. Le lien entre les deux hommes est grand. En 1889 Abdülhami II arrangera le mariage de sa fille, la Princesse Zekiye, avec Ali Nureddin Pacha, fils de Gazi Osman Pacha.
Puis en 1898, Abdülhamid II organise, au Palais de Yildiz, le mariage d’une autre de ses filles, Naime Sultan. C’est avec un autre des fils d’Osman Nuri Pacha qu’elle se mariera. Il s’agit de Mehmed Kemaleddin Pacha, mais on reparlera de lui un peu plus tard.. Un manoir leur sera construit à côté de la maison de la princesse Zekiye, une des sœurs de Naime Sultan. Les deux bâtiments, appelés « Maisons jumelles » dans le passé, n’existent plus aujourd’hui.
Gazi Osman Pacha meurt en 1900. C’est Abdülhamid II qui commandera personnellement sa tombe. Le considérant comme l’un de ses plus grands généraux.
Fehime Sultan Mansion
Puis, en 1901, le sultan ordonne la rénovation complète du manoir. Il l’offrira, en guise de cadeau de mariage, à Fehime Sultan. C’est donc à partir de ce moment là qu’on connaitra le Yali sous le nom de Fehime Sultan Mansion.
Fehime Sultan épousa Ali Galib Bey le 12 Septembre 1901. Le jour même où Hatice, sa soeur, épousa son premier mari. Ali Galib Bey était le fils d’un employé des Postes et Télégraphes du Palais. Il s’était attiré les bonnes grâces du sultan Abdülhamid II et avait accédé au rang de pacha peu après son mariage.
Ali Galib Bey était intelligent, travailleur et respectueux. Il tenait profondément à sa femme et la traitait avec tendresse, gentillesse et compréhension. Cependant, bien que Fehime ne l’ait pas autant détesté que Hatice détestait son mari, elle ne partageait pas ses sentiments. Elle resta donc distante envers lui tout au long de leur mariage. Aucun enfant ne naîtra de cette union.
En 1909, Fehime obtint enfin l’autorisation de divorcer. La même année, dans un jardin d’Istanbul, elle rencontre Mahmud Behçet Bey, de cinq ans son cadet, dont elle tombe amoureuse. Ils se marièrent en 1910. Ils vécurent un mariage heureux pendant 14 ans, mais n’eurent jamais d’enfants.
Quel sera le sort de Fehime Sultan lors de son exil ?
Sa fin de vie fut miséreuse et tragique. Lors de l’exil de la famille impériale en mars 1924, Fehime et son mari s’installent d’abord à Vienne, en Autriche, puis à Nice, en France. À Nice, Mahmoud Behçet Bey emprunte de l’argent à Fehime sous prétexte d’ouvrir une boutique. Il commençe à vendre des glaces mais finit par s’enfuir, la laissant dans la plus grande pauvreté.
Bien que plusieurs autres membres de sa famille vivent à Nice, notamment Abdülmecid II, ils refusèrent de l’aider. En partie à cause des dissensions entre les descendants des sultans Abdülmecid II et ceux du sultan Abdulaziz Ier. Fehime ne survécut donc que grâce à quelques eunuques fidèles. Avec leurs maigres biens, ils l’aidèrent au moins à manger et à avoir un logement. Fehime décède de la tuberculose le 15 Septembre 1929, à l’âge de 54 ans. Elle et sa sœur sont enterrées à Damas, en Syrie.
Que deviendra le Manoir Fehime Sultan ?
Après 1926, suite au déclin de l’Empire Ottoman, le manoir sera d’abord été utilisé comme orphelinat,. Puis on l’utilisera comme entrepôt de tabac. Plus tard il servira d’école secondaire du nom de Gazi Osman Pa’a. Malheureusement, un incendie endommagera gravement le manoir en 2002.
Hatice Sultan - Hatice Sultan Mansion (Manoir Fehime Sultan)
Pour Hatice Sultan, le sultan Abdülhamid II rachètera et rénovera le manoir voisin à celui de Fehime Sultan. Il lui sera également donné en cadeau de mariage.
L’époux choisi pour Hatice était Ali Vasfi Pacha, un scribe attaché à l’ex-sultan Mourad V. Le mari qu’il lui trouva était un vieil homme et ne lui plaisait pas. Pourtant, de cette union naîtra une fille, en 1902. Elle l’appela Ayşe Hanımsultan.
L'affaire entre Hatice Sultan et Kemaleddin Pacha
En 1904, peut être pour se venger du choix de son mari ou réellement amoureuse, Hatice Sultane entretient une liaison avec le fils de Gazi Osman Pacha. A cette époque Mehmed Kemalettin Pacha était le mari de Naime Sultan, fille de Abdülhami II. Cette relation ne dura que trois mois mais..
Naime Sultan eût connaissance des lettres d’amour que s’échangeaient les deux amants dans lesquelles ils discutaient de leur désir de vivre librement leur amour. Ils n’avaient pas l’intention d’éliminer Naime, mais le mal était fait. Lorsque l’affaire vint aux oreilles d’Abdülhami II et qu’il prit connaissance des courriers il exigea le divorce de sa fille. Kemaleddin, quant à lui, contraint de divorcer, sera dégradé de ses fonction de pacha et envoyé en exil à Bursa.
Ali vasfi pacha divorcera également d’Hatice Sultane, qui resta plusieurs années avant que son oncle puisse lui pardonner son acte. Abdülhami II l’a pourtant gracié et même invité à revenir au palais de Yildiz.
Lorsque, à son tour, Abdülhami II fut destitué, Kemaleddin fût gracié. Il put revenir à Istanbul et revint donc faire sa demande en mariage à Hatice Sultan. Malheureusement pour lui, elle lui refusa pourtant sa main. Prétextant le poids de la honte qui était trop lourd à porter. Mais ceci au profit d’un homme ordinaire (secrétaire du Ministre des Affaires Etrangères), mais beau. Son nom ? Rauf Hayri Bey, qu’elle épousera en secondes noces en 1909. Ils eurent trois enfants, mais divorcèrent en 1918.
Quel sera le sort d'Hatice Sultan lors de son exil ?
Lors de l’exil de la famille impériale en 1924, Hatice Sultane et ses enfants s’installèrent à Beyrouth. Survivant de justesse, elle mourut le 12 Mars 1938 à l’âge de 67 ans. Elle est inhumée dans le cimetière de la Mosquée du Sultan Selim à Damas.
Qu'est devenu Hatice Mansion après la période Ottomane ?
Lorsque la dynastie ottomane a été poussée à l’exil, après 1926, le manoir servit d’abord d’orphelinat. Puis comme entrepôt de tabac. Plus tard il servira d’école primaire pendant un temps. En 1972, c’est au club de natation d’Istanbul qu’il est attribué. En 2006, la période d’attribution accordée au club ne sera pas prolongée.
Lors de l’enfoncement des piliers du pont du Bosphore (1988), les fondations de la résidence Hatice Sultan sont gravement endommagées. La demeure commençe à glisser vers la mer. Lorsqu’il apparut que la résidence risquait de se briser en deux, des supports en béton sont construits à ses quatre angles. Ainsi on sauvera la demeure de l’effondrement et de la disparition. Heureusement, puisque la résidence Hatice Sultan est la seule demeure dynastique à avoir survécu jusqu’à nos jours.
Restauration des Manoirs Fehime et Hatice Sultan
En 2009, le partenaire de restauration et de tourisme de Turkish Airlines, loue les manoirs Fehime et Hatice Sultan pour une période de 40 ans. Sous Condition de restaurer les deux manoirs dans leur état d’origine.
Pendant ce temps, de longues tractation ont lieu en ce qui concerne la propriété des demeures. Enfin, en septembre 2022, celle ci est transmise de la municipalité métropolitaine d’Istanbul au Trésor. Ceci par décision de la Commission de transfert, de liquidation et de séparation du gouvernorat d’Istanbul.
Puis, en 2024, les autorités annonce que la restauration globale est achevée et que les manoirs de Hatice Sultan et de Fehime Sultan ouvriraient bientôt leurs portes en tant qu’hôtel de luxe. De style néobalbaye, plus de 12 900 pièces individuelles ont été démontées et remontées. Un immense travail pour une très belle résurrection..
Cet hôtel répond aussi à toutes les normes actuelle. Il a même bénéficié de technologies avancées permettant la construction d’un parking de quatre étages au-dessous du niveau de la mer. Si, si..
Pont Fatih Sultan Mehmet (deuxième pont du Bosphore)
Le pont Fatih Sultan Mehmet, inauguré en 1988, s’étend au point le plus étroit du Bosphore, entre Hisarüstü (Coté Européen) et Kavacık (Coté Asiatique). Situé un peu plus au nord, c’est le deuxième pont suspendu du Bosphore. La nuit, ces deux ponts suspendus sont toujours éclairés de lumières colorées, allant du monochrome à un arc-en-ciel complet.
Le pont fait partie du système autoroutier turc car il relie Edirne à Ankara. Il comporte huit voies et deux voies d’urgence pour faciliter la circulation. Il porte le nom de Mehmet II le Conquérant. Vous savez ? celui qui conquit et mit fin à l’Empire byzantin en 1453.
Pont Yavuz Sultan Selim (Troisième pont du Bosphore)
Si vous pensiez que les deux premiers ponts étaient impressionnants, attendez de traverser le troisième, le Pont Yavuz Sultan Selim. Il est tout près de la Mer Noire.
Inauguré en 2016, le pont Yavuz Sultan Selim est le pont le plus large construit sur le Bosphore. Situé entre le quartier de Garipçe (Coté Europe) et le quartier de Poyrazköy (Coté Asiatique) il fait partie de l’autoroute nord de Marmara.
Sa longueur totale d’environ 2 164 mètres et une portée principale de 1 408 mètres, en fait l’un des plus longs ponts suspendus au monde. Le pont comprend huit voies pour les véhicules à moteur, ainsi que deux voies pour le trafic ferroviaire. Un véritable exploit d’ingénierie.








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