Le nazar boncuk sera sans aucun doute le souvenir incontournable que vous ramènerez de votre voyage en Turquie. C’est le cadeau parfait à offrir autour de vous afin de protéger vos proches du mauvais oeil.
Cette amulette en forme d’œil est censée protéger contre le mauvais œil, son nom vient de Nazar « mauvais oeil, mauvais regard » et de Boncuk pour « perle ». C’est pourquoi, le nazar boncuk est également connu sous le nom de « perle mauvais œil ».
En bijou, porte clés, ou objet décoratif, c’est l’un des articles des plus courants à acheter au Grand Bazar d’Istanbul ou dans les nombreux magasins de souvenirs.
Mais à quoi ressemble le nazar boncuk ?
Fabriqué à la main, le plus souvent en verre, on le trouve même, parfois, en céramique. Il demeure de forme circulaire, coloré d’un bleu roi. On y ajoute un dessin qui ressemble à un iris : un rond blanc au centre, un deuxième plus petit de couleur bleu clair, et enfin, un cercle noir au centre .
En amulette ou en talisman, les Turcs le portent pour se protéger. Ils le placent également dans leur maison, leur voiture, mais aussi dans leurs bureaux ou commerces. Tout ceci pour préserver leurs biens et leurs lieux de vie.
De la tradition antique à l’amulette moderne
L’origine de l’œil protecteur remonte à la nuit des temps. En Asie centrale, on en retrouve différentes déclinaisons (Perse, Caucase, Mésopotamie, Arménie). On en trouve aussi dans les anciennes provinces de l’Empire ottoman comme l’Anatolie, la Grèce, le Liban, la Syrie, et Afrique du Nord.
Après la Guerre d’indépendance grecque (1821-1829) la Grèce s’émancipe du joug ottoman. L’œil bleu est perfectionné par les artisans d’Athènes. Le talisman, que les Turcs appellent « Nazar boncuk » et les Grecs « Matiasma », devient alors le porte-bonheur privilégié des peuples méditerranéens.
De la Turquie à l’Iran, de l’Arménie à la Grèce et au Maghreb, l’œil bleu est encore utilisé actuellement pour se protéger du mauvais œil. Si le talisman se brise, c’est bon signe, cela signifie qu’il a rempli son rôle ! Mais pensez à vite le remplacer car on ne sait jamais. On n’est jamais à l’abri du mauvais œil.
Pourquoi un oeil ?
Depuis la plus haute Antiquité, chez les Grecs, les Hébreux ou les Égyptiens, l’œil est une partie du corps particulièrement symbolique. Le « mauvais œil » désigne le regard envieux ou négatif d’une personne et attire la malchance sur la personne regardée.
En Égypte ils avaient des talismans protecteurs tels que l’œil oudjat représentant l’œil du dieu faucon Horus dans la mythologie.
Chez les musulmans, l’œil est directement lié au cœur. « Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles mais ce sont les cœurs dans les poitrines qui sont aveugles » (Coran, Sourate XXII, verset 45).
Ainsi la croyance dans le mauvais œil se répand dans l’Empire ottoman musulman. Élevé au rang de talisman au XVIIIème siècle, l’œil bleu sert de leurre. Il doit attirer le regard de la personne jalouse ou envieuse pour conjurer ses effets néfastes.
Cette amulette est censée être une protection contre le mauvais œil. Par conséquent, quand un bébé naît, à l’achat d’une nouvelle maison ou voiture, il est également d’usage d’en accrocher une. C’est typique d’autres pays comme la Grèce depuis des milliers d’années.
Nazar boncuk, nazar boncuğu, œil Turc ou Grec ?
Ce talisman aux origines ancestrales est présent de la Grèce jusqu’au Moyen-Orient, mais c’est en Turquie que l’on en retrouve le plus de variantes.
Dans les pays du bassin méditerranéen, la Grèce et la Turquie en tête, l’œil bleu est omniprésent. On le trouve à les entrées des maisons, sur les coques de bateaux, mais aussi dans les voitures ou sur soi. Ce n’est pas seulement pour sa beauté que ce symbole, ressemblant à un oeil, est présent dans les pays de l’ancien Empire ottoman. Il a un but, et non des moindres, celui de protéger du mauvais œil.
En turc, on l’appelle nazar boncuğu. Littéralement, cela désigne une amulette (“boncuk”) contre le mauvais oeil (“nazar” signifiant “regard”). En français ou en anglais. Prononcez-le nazar bondjouk.
Cette amulette, représentant un œil est très présente dans la culture turque, on la nomme parfois œil turc. Mais, en parallèle logique, on parle aussi d’œil grec. Les voisins hellènes lui donnent le nom de matiasma en grec. Mais son but est le même. Cet œil est destiné à capter le mauvais œil, celui des envieux et des jaloux afin de se protéger de leurs énergies négatives.
L'Oeil Turc
Le nazar boncuk aurait été créé à la fin du 19ème siècle par des verriers de la ville d’Izmir (alors appelée Smyrne en français). Ces artisans façonnèrent ce talisman à partir d’une pâte de verre, mêlant ainsi leur savoir-faire à cette croyance traditionnelle. Le succès fut tel que le nazar boncuk se répandit dans le bassin méditerranéen oriental, aussi bien chez les populations musulmanes que chrétiennes. C’est ainsi que l’on retrouve tout à la fois l’œil grec en Grèce et l’œil turc en Turquie. Si vous vous promenez dans des villages traditionnels, il n’est pas rare de voir des nazar boncuk incrustés dans les murs des maisons ou même dans les marches des escaliers.
Aujourd’hui encore, la majorité de la production des nazar boncuk en verre est faite en Turquie dans la province d’Izmir (côte égéenne) à partir de bouteilles de rakı (boisson nationale turque, eau-de-vie de vin aromatisée à l’anis) vides.
Alors, lors de votre voyage, n’hésitez pas à rapporter dans vos bagages un nazar boncuk. C’est toujours bon à prendre et ne coute pas une fortune.







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