Après Delos, c’est très rapidement que nous arrivons en vue de la célèbre île de Mykonos. J’appréhende un peu la visite de cette île, craignant un trop grand nombre de touristes. J’ai peur de ne pouvoir la découvrir à ma guise, entrainée dans une vague de touristes. Mais non.. ce n’est pas le cas. Voilà bien là, tout l’avantage de voyager au printemps.
La Légende
Mykonos est la plus petite des îles habitées. Pourtant, son sol est essentiellement composé de Rochers de granit. La légende raconte que les rochers parsemés sur le sol de l’île sont en fait les corps fossilisés des géants tués par Hercule puis jetés par ce dernier sur l’île. Ils seraient les témoins éternels de son exploit.
Dès l’entrée au port Chora (La capitale de l’île) on ne peut manquer de savoir que nous sommes en Grèce. Les poulpes nous attendent en séchant tranquillement au soleil..
Dans la plupart des îles grecques, la capitale de l’île porte souvent le même nom que l’île. La principale ville de Mykonos est pourtant appelée « Chora » par ses habitants. En Grec « chora » signifie toute simplement « ville ». Mieux vaut donc connaître ce détail, cela évite toute confusion entre l’île de Mykonos et sa ville principale.
Richesses de l'île
Les surfaces fertiles de l’île sont rares et c’est là que se concentre la culture agricole, qui se limite à la vigne, les produits maraîchers et quelques agrumes. Mais si le sol n’est pas riche, le sous sol possède des richesses telles que le plomb et l’argent.
Mykonos c’est aussi et surtout la mer, ses plages (un littoral de plus de 80km) et ses pêcheurs. Voilà bien ce que j’adore en Grèce. Ces petites embarcations, à taille humaine, bien loin des géants des mers que l’on nous présente dans les infos en parlant de pêche.
Mykonos, une vie hors du tourisme
Malgré le flot incessant des touristes débarquant sur l’île, les pêcheurs semblent vivre paisiblement, faisant et refaisant des gestes simples connus d’eux depuis des générations. Mykonos se partage entre deux mondes. D’une part, la Mykonos touristique aux rythmes effrénés et à l’excentricité débridée. D’autre part, La Mykonos paisible, dominée par le calme et la nonchalance. Vous devinerez certainement facilement celle que je préfère
Dans des ruelles étroites, je déambule dans la ville, admirant les maisons blanches emblématiques des Cyclades. Construites les unes prés des autres, elles semblent se serrer les coudes. Souvent, particularité de ce coin des Cyclades, elles ont des petits balcons tout en couleur
Sur les portes de certaines d’entre elles, je retrouve les vestiges de la fête du 1er Mai (Fête du travail mais aussi des Fleurs, en Grèce). Un peu comme chez nous, en France, pour le muguet. Cependant, comme en Grèce il fait plus sec, la coutume veut que l’on cueille des fleurs des champs pour confectionner des couronnes qui sont accrochées aux portes. J’aime bien cette idée de faire partager le printemps et les fleurs au plus grand nombre.
La petit Venise et les Moulins à vent
Un des symboles de Mykonos est sans conteste le moulin à vent. Je devrais dire « les » moulins à vent puisqu’ils sont au nombre de cinq. Incroyablement bien conservés, ils font partie de l’histoire de l’ile et de ses habitants.
Comme je vous le disais, l’ile de Mykonos, n’est pas très fertile. Après avoir essuyé des temps difficiles suite à de mauvaises décisions du pouvoir et de nombreux raids de pirates, les habitants de l’ile on trouvé un bon moyen pour gagner leur vie et contribuer à la reconstruction de leurs villes et villages. Utiliser la ressource n° 1 de l’île : Le vent.
Et du vent, il n’en manque pas dans les Cyclades et particulièrement ici. Au cours du 19ème siècle, il y avait sur l’île, 28 moulins à vent en activité. Ils produisaient de la farine. Comme ils produisaient plus de farine qu’il n’en fallait pour les habitants de l’île, le commerce de la farine s’est étendu à l’ensemble de la mer Égée. Des navires entiers apportaient le blé ou d’autres céréales pour en faire la transformation et profitaient au passage des très bonnes boulangeries de l’ile.
La Petite Venise
Des moulins, nous avons une superbe vue sur le quartier Alefkandra, que l’on nomme aussi « vénétia » (Petite Venise). Les vagues se brisent sur les façades des maisons, qui semblent avoir été construites pour défier l’écume des flots.. Par jour de grand vent je n’oserai certainement pas sortir sur le balcon.
En fait, il y a une explication à la construction de ses maisons, les pieds dans l’eau. Comme je vous le disais, Mykonos était devenu un port important. Ce sont les riches armateurs qui ont construit ces maison il y a quelques siècles. Le premier étage, juste au dessus du niveau de la mer, leur permettait de décharger facilement les navires. Le niveau inférieur servait d’entrepôt et les gens vivaient au deuxième étage. Bien vu, non ?
Aujourd’hui il n’y a plus de navires marchands pour accoster le long de ses maisons et sur la jetée. Seul les immenses paquebots déversent quotidiennement un flot de touriste. De nombreux restaurants nous permettent de manger ou prendre un pot en profitant du magnifique paysage. (Lorsque le paquebot sera passé)
Les pélicans – Les Eglises
Je m’éloigne du front de mer et des touristes pour me promener dans les ruelles, enchantée par la poésie des lieux. Les boutiques et magasins sont sympas et je savoure les couleurs rencontrées : Le rose des lauriers, le rouge des bougainvilliers avec pour fond, le bleue unique du ciel des Cyclades.
Autre spécialité des Cyclades à ne pas oublier de ramener, ce sont les éponges. Même si Kalymnos EST l’ile réputée des pêcheurs d’éponges, on en trouve dans l’ensemble des Cyclades. Et pour en avoir une chez moi, je vous assure que c’est très bon et très « Zen ».
Mykonos et ses églises
Mais revenons en aux deux facettes de Mykonos. Celle des noctambules et des touristes et celle de ses habitants et de leur profonde ferveur, révélée par les innombrables églises de l’île. L’île ne compterait pas moins de 365 églises. Soit une pour chaque saint de l’année.
A certains endroits, plusieurs chapelles ensembles, donnent l’impression de voisines qui bavardent. C’est pourquoi elles sont appelées « coussgiares », c’est à dire « commères ». Cela me fait également penser à une expression qu’emploient souvent mes amis en Grèce. Faire le « Couscous », cela signifie : Bavarder pour refaire le monde.. en prenant un frappé ou un ouzo par exemple à une terrasse.
A la recherche de Pétros et Irini
Je ne pouvais partir de Mykonos sans avoir trouvé les fameux pélicans, et.. voilà bien que je les trouve, tranquillement installés à l’ombre. L’heure de la sieste sans doute.
Mais connaissez vous l’histoire des pélicans de Mykonos ?
Je vous présente Pétros et Irini. Il y a plus de 30 ans, un pêcheur a trouvé un pélican blessé. Il l’a soigné, mais au lieu de s’envoler, l’oiseau a décider de rester. On lui a donné le nom de Pétros (Pierre) et il est devenu la mascotte de Mykonos. Chaque matin, lorsque les marins rentrent au port, Pétros réclame sa pitance. Puis il se promène dans les ruelles étroites à la recherche de caresses et d’affection.
En 1986, toute la Grèce est attristé par la mort de Pétros. Jackie Kennedy, touchée par la tristesse des habitant de l’île, donne un autre pélican au Mykoniotes. Il s’agit d’Irini. Le zoo de Hambourg a, pour sa part, envoyé Petros II. Ainsi l’histoire continue..
La journée s’achève. Il est temps de repartir de Mykonos. Nous reprenons la mer.. Nous profitions de la beauté de la mer et du soleil couchant pour rentrer sur Paros.








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